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Pierre SEGOH jette un regard très critique voire pessimiste sur l’Homme, il le représente presque toujours dans sont état animal.

Selon Pierre, l’Homme, derrière ses apparences, sa volonté de paraitre, ne peut pas cacher qu’il est en fait submergé par ses pulsions, son orgueil, et le besoin de combler ses envies les plus instinctives : il est généralement représenté sous la forme d’un écorché.

Dans de nombreuses cérémonies Africaines, l’Homme est supposé pouvoir se changer en l’animal dont il porte le masque. Chez Pierre SEGOH c’est l’animal qui porte le masque de l’Homme, le masque de l’état de contrôle auquel il a du mal à parvenir tant il ne peut dépasser ses pulsions, ses exigences corporelles. Il veut s’élever mais sa langue est fourchue, il veut parler mais son bec est lié.

L’Homme est montré dans sa dualité originelle, écartelé entre son être transcendant et son animalité, écartelé entre le bien et le mal.

Il n’est pas libre, il essaie de se mouvoir mais il a une corde au cou, ses mains sont liées, il est en suspension au dessus de la Terre dont il voudrait se détacher et ses aspirations transcendantales. Son libre arbitre ploie sous ses contraintes charnelles.

Finalement l’Homme n’a plus qu’à s’accepter avec toutes ses faiblesses et ses vices.

Pierre SEGOH veut nous rappeler à tout moment les réalités que nous préfèrerions ignorer, ne pas voir, ne pas entendre.

Les essais de dépassement de la nature profonde de l’Homme semblent vains. Mais l’animal qui est en nous aura-t-il toujours le denier mot?